BILLETS D’HUMEUR

LA RECETTE DE MES BILLETS D’HUMEUR :
 
Une couche de réelle conviction saupoudrée d’un doigt d’emphase, d’une pincée d’ironie, d’un zeste de surréalisme, nappée de quelques gouttes d’humour et d’une bonne dose de mauvaise foi.
 
Posologie : ne convient pas aux culs pincés. Pour eux je prescris le lavement.
 
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5) QUAND IL PÈTE IL TROUE SON SLIP ! (posté JUIN 2013)
 
 
« QUAND IL PÈTE IL TROUE SON SLIP », CHANSON DANS LE VENT !

(D’aucuns trouveront que mes deux derniers billets d’humeur stagnent dans la moiteur des slips, qu’ils exhibent sans pudeur la face cachée de la lune. Le slip a le vent en poupe, il est en odeur de sainteté au fil de l’actualité, qu’y puis-je ?)
Or donc :

« QUAND IL PÈTE IL TROUE SON SLIP », CHANSON DANS LE VENT !
 
« Quand il pète il troue son slip » Humour de fond de culotte ? Que nenni ! Tout un programme ! Que dis-je un programme ! Une profession de foi !
Ces paroles de Sébastien Patrick, pasticheur de Patrick Sébastien (vous mordez l’astuce ?) constitueraient-elles le fleuron de l’exception culturelle française ?

Qui ne se souvient avec émotion de la fantastique « danse des canards » toute auréolée de ses « coin coin » ou de « la chenille » la plus ponctuelle du hit parade puisqu’elle part toujours à l’heure ? Qui a oublié le très convivial « viens boire un p’tit coup à la maison » et son corollaire l’inénarrable « J’ai bien mangé j’ai bien bu » qui précèdent le cultissime « bo le lavabo » (sans doute pour se laver les mains après les libations précédentes) ? Mais si : « bo beau beau, il est beau le lavabo… » Ça y est, vous-vous souvenez ? Le dénommé Lagaf’ avait improvisé cette chanson par dérision, annonçant qu’il allait faire un N°1 du Top 50 et que croyez vous qu’il arriva ? La chanson devint un « Tube » !

Si la France peut légitimement s’enorgueillir des œuvres évoquées, « Quand il pète il troue son slip » gravit pourtant un degré de plus sur l’échelle de Richter de l’ascension intellectuelle des citoyens. Cette fière devise pourrait constituer le refrain d’un hymne révolutionnaire. « Le petit bonhomme en mousse » n’a qu’à bien se tenir ! Il peut faire tourner les serviettes tant qu’il veut, jamais il n’atteindra à la sobriété syntaxique qui donne toute sa vigueur à cette assertion : « Quand il pète il troue son slip ». La pureté de la phrase doit entretenir l’insomnie de nombre d’écrivaillons qui se torturent l’esprit pour enfanter des paragraphes emberlificotés et redondants tandis qu’en une courte phrase l’auteur génial condense toute la puissance corrosive de sa pensée.

« Quand il pète » : la menace qui gronde, qui émane, sous-jacente et sous-cutanée, sous cul tanné aussi, n’en est pas moins brutale et terrifiante. Ce « Quand » signifie que l’acte peut se perpétrer à tout instant. Que le slip se le tienne pour dit : l’épée de Damoclès (le pet de Damoclès en l’occurrence) peut le transpercer lorsque bon lui semble. Le pet d’après repas risque de sonner le glas, le trépas d’un honnête slip qui ne méritait pas une telle fin. L’injustice du désordre naturel s’exprime pleinement, judicieusement évoqué dans cette déclaration qui ajoute l’humiliation à l’anéantissement. Si le reste de la chanson n’est pas en reste quant à sa haute teneur philosophique, ce « Quand il pète il troue son slip » répétitif – puisqu’il en constitue le refrain – confine au sublime. Tout y est là exprimé : la fragilité, le caractère tragiquement éphémère de la condition humaine. Le pet incarne l’aveuglement du hasard, l’aléa tragique qui peut à tout moment faire basculer une vie dans les abysses du néant. Le slip figure l’humain en proie aux affres de l’existence, prête à le carboniser sans préavis. Quant aux verbes employés, ils expriment tous deux la violence aveugle, irrémédiable. Le « il pète » évoque la déflagration originelle, on y comprend : le « Big Bang », directement associé au trou noir qui en résulte. La vigueur de la métaphore laisse à penser que « L’être et le néant » de Jean-Paul Sartres constituait les prémices inabouties de cette œuvre essentielle, accomplissement ultime de la pensée philosophique : « Quand il pète il troue son slip ».
De toute évidence, « Quand il pète il troue son slip » s’affirme bien comme l’aboutissement incontesté de l’exception culturelle française. Louons donc la richesse et la diversité culturelles de notre mère patrie qui permet à des œuvres aussi accomplies que celles citées précédemment : « la danse des canards », « la chenille », « viens boire un p’tit coup à la maison », « J’ai bien mangé j’ai bien bu » et « bo le lavabo » d’accéder à la postérité. Gageons que le très subtil « Quand il pète il troue son slip » sera, lui aussi, promis à perdurer longuement dans la mémoire collective de notre cher beau pays auprès des Molière et autres Voltaire ou Rousseau… dont l’auréole intellectuelle pâlira cependant à côté d’un tel chef d’œuvre.
Admirons l’habileté de l’auteur qui se réfugie sous le label du pastiche pour mieux transmettre son précieux enseignement.
Louons aussi la fantastique clairvoyance intellectuelle de nos concitoyens qui ont su, derrière son aspect de banalité tant anodine que scatologique, décrypter le profond message philosophique et propulser cet hymne à la Sagesse en tête des chansons les plus écoutées du moment !
Il semble évident que d’aussi avisés citoyens, anticipant l’alarme écologique lancée par la planète, afin de mieux s’accorder à la nature, regrimperont aux arbres d’ici la fin du XXIème siècle pour ne plus jamais en descendre. Avertis comme ils le sont, ils en oublieront le langage et pourront enfin péter tout leur saoul dans les branchages sans que l’écho de l’ironie vienne les perturber. Notez que les plus vigilants s’entraînent déjà à la vie dans les arbres lors de stages qui se disent ludiques et écologiques mais sont en fait initiatiques à la condition future de l’humain.
Quand tout sera tu, la planète retrouvera l’harmonie originelle, celle de la nature « insouillée » par les turpitudes des hommes. Le pet se sera évaporé, le slip putréfié et l’humain retrouvera ses origines, humble primate parmi les primates, enfin dépouillé de son inhumaine humanité.

Mais j’interromps là mon discours car l’entièreté de mes dires est implicitement contenue dans ce parangon de la pensée humaine :
« Quand il pète il troue son slip ».

Tout est dit.
 
 
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4) SLIP ! SLIP ! SLIP ! HOURRA ! OU : QUAND SOUFFLE UN VENT DE FRONDE (posté mars 2013)
 
« Le premier SLIP QUI SENT BON » !
 
Ce slogan pétaradant s’affiche en toute candeur lorsqu’on déculotte la page d’accueil de MMC, site de « financement participatif » auquel, durant un long moment d’égarement – plus d’un an! – j’avais bêtement confié mon livre : « Silhouette ou les miroirs de l’Asie » dans l’espoir – bien sûr – d’une publication mais, avant tout, de l’ouverture d’une jauge car il fallait en passer par le bon vouloir des décideurs qui – régime spécial pour les livres – attribuaient ou non une jauge permettant au public de miser sur le bouquin. L’expérience tourna vite à la pantalonnade avant de déraper sur le slip. Les auteurs présents sur le site en même temps que moi peuvent en témoigner : les « jauges » sont restées désespérément fermées pendant près de deux ans avant que la section MMCB soit elle-même dissoute.
 
Sur la page d’accueil de MMC (Mon Mauvais Calcul), disais-je, on découvre donc un slip blanc immaculé, estampillé de la cocarde tricolore – en attendant d’être maculé par les traces de frein -, qui illustre parfaitement, semble-t-il, l’orientation nouvelle du site. L’accessoire vestimentaire porte le nom va-t-en guerre de « L’Indomptable » ! Ne riez pas ! C’est la stricte réalité ! Sans doute ses concepteurs ont-ils l’intention de l’enrôler dans un remake de « Guerre et pets » ?
Pour la petite histoire leurs autres produits slipesques, non parfumés, se nomment : Le Redoutable, l’Intrépide, le Vaillant et le Triomphant, noms jadis attribués à des navires de guerre plutôt qu’à des concurrents de « Petit bateau ». S’agirait-il d’une insidieuse flatterie destinée à suggérer au mâle que son appendice en apothéose présente des allures de grand timonier mateur de mutinerie, voire de sabre brandi par un indomptable et insatiable pirate pourfendeur de pucelage et saccageur de vertus ?
 
Que pouvait faire une pauvre « Silhouette et ses miroirs», toute embrumée de poésie contre un slip français cocardier bouffi de vanité, empli d’odeurs légères !
 
MMCB (Mon Mauvais Choix Bouquinistique), comme se nommait alors la branche du site consacrée aux livres a été supprimé au grand mépris des auteurs, virés d’office et priés de proposer – s’ils voulaient revenir sur le site – non plus des « livres » mais des « projets ». Le « B » de book supprimé, il ne reste que MMC (Mon Mauvais Choix).
 
Les mauvaises langues (dont moi) prétendaient que MMC était devenu marchand de soupe, prêt à toutes les compromissions pour affurer. Nous avions tort ! MMC ne vent (pardon : vend) pas de la soupe (pas encore) mais des tartes et des slips ! Dans mes pires accès de dénigrement je n’aurais pas même osé envisager une telle déchéance ! Passer sans escale du QI du lecteur au cul du péteur dénote une grave atteinte dyslexique sinon une dose conséquente de cynisme de la part des auteurs d’une telle bouffonnerie.
J’envisage les pubs à venir pour venter (pardon : vanter) « L’indomptable » et préciser le choix des fragrances :
« Vent debout, vent du large, bise et brise d’Anne Husse de chez Monk Hue, la maison du prêt à péter dans le vent. »
La vanne est lourdingue, infiniment pesante, consternante même, je l’admets, mais elle ne dépare pas tellement dans le ton de scatologie ambiante !
 
Comment s’étonner de la suprématie donnée au slip sur le livre à une époque où un marchand de meuble produit des tartes au chocolat dont le secret de la recette (selon les analyses) réside en sa teneur en caca.
Un slip parfumé pour neutraliser les tartes au caca, tels semblent être les grands enjeux actuels de notre société. Alors bon, la littérature là dedans demeure une question subsidiaire.
 
Je n’entretiens quant à moi aucune aversion particulière envers le slip, bien que je lui préfère le caleçon, mais je me demande s’il est judicieux, voire respectueux pour les auteur(e)s présent(e)s sur le site de mélanger torchons et serviettes, slips et livres ?
Croyez-le ou non mais, 77 jours avant la clôture des participations, ce projet a atteint 126% de la somme demandée !!!!
Epoque de merde ! (c’est le caca – pardon : le cas – de le dire).
Face à l’énormité de la pub évoquée, j’en suis encore à envisager le très mauvais canular ? Rassurez-moi, il s’agit d’un énôôôrme gag, non ?
 
Pendant ce temps, des auteur(e)s de talent qui ont décidé de croire encore en ce site, rament pour atteindre la somme dont ils (elles) ont besoin dans les délais impartis !
Brittia (voir le lien à ma rubrique « liens »), sans avoir jamais eu accès à la page d’accueil, se débat avec son bel étalon auxquels les visiteurs du site semblent préférer les tartes et les slips ! C’est navrant !
Livres aux fragrances littéraires ou slips cocardiers parfumés, choisis ton camp camarade ! Il semble que beaucoup ont choisi les slips ! Le verdict se montre peu rassurant quant à la pérennité de l’humanité !
 
Les esprits chagrins m’objecteront que mon billet d’humeur frôle la caricature lorsqu’il ne l’empoigne pas à bras le corps. A ceux là je réponds que j’assume ce coup de gueule en forme d’automédication instantanée et qu’au besoin je les emmerde (pour rester dans le ton et l’odeur) !
 
JPM
 
 
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3) DEPARDIEU LE DEPART ET LA PART DE DIEU.(posté mars 2013)
 
De par Dieu il était écrit que Gérard deviendrait un immense acteur, un énôôôôôrme acteur ! C’est fait !
Il a endossé avec brio les rôles les plus emblématiques mais s’est aussi compromis dans les pires gauloiseries alimentaires qui lui ont particulièrement profité. Rien à objecter pourtant sur le versant professionnel du personnage puisqu’il a su faire preuve de générosité en acceptant, au minimum syndical, des rôles de looser tel celui qu’il incarne dans le superbe OVNI cinématographique intitulé « Mammuth ». Intéressé aux bénéfices, le film lui a rapporté gros, mais cela il ne pouvait pas le prévoir.

De part Dieu il s’est voué aux vignes du seigneur. Onc ne saurait lui reprocher sa générosité vinicole qu’il partagea avec le savoureux et regretté Jean Carmet, son « copain d’abord » façon Georges Brassens. Grand amateur du divin breuvage (prenez et buvez car ceci est mon sang : c’était du pinard !) il en a fait commerce et nul ne saurait l’en blâmer…

De par Dieu (ou de par le destin pour ceux qui répugnent à toute référence divine mais comme il ne s’appelle pas Giscard le destin ne coule pas de source), de part Dieu donc il eût un destin clément (tiens, le voilà le « destin » !) qui lui permit de rencontrer les grands de ce monde (expression toute faite et qui ne reflète aucune réalité qualitative). Fidèle ami de Castro, copain comme cochon de Poutine, pote du « De Funes tragique » (ex pantin à talonnettes de la cinquième – et je ne parle pas de la symphonie !) il connaît tous les kikis de la planète (pardon je voulais dire tout le « qui qui » !). Soit… Mais connaître tous les décideurs, les « arrivés politico-culturels et autres parvenus » ne signifie pas approuver en bloc, adhérer à toutes les malfaçons humaines, épouser tous les extrémismes, tolérer toutes les injustices.
Depardieu, à force de deux parts d’yeux braquées sur tous les rôles a perdu – me semble-t-il – la réelle notion du monde. Parce que trop « enrôlé » ne s’est-il pas quelque peu déshumanisé ?
L’affaire d’une éventuelle belgitude ou d’une russitude souhaitée de l’acteur pour cause d’impôts mal tolérés a provoqué l’affrontement violent de deux camps : ceux qui l’approuvaient ou tout au moins le comprenaient et l’excusaient, ceux qui le condamnaient d’autant plus violemment que certains se sentaient trahis.
Les « Pro-Depardieu » déploraient que la réussite personnelle soit pénalisée en Hollandie, que le nouveau régime fustige implacablement ces pauvres riches qui font tant pour leur pays (et beaucoup plus encore pour leurs comptes en banque). Est-ce la faute des nantis si une majorité d’humains semblent se complaire dans la pauvreté ?
Les Anti-Depardieu, eux, condamnaient le « tout pour ma gueule » exprimé par l’acteur qui pousse le professionnalisme jusqu’à illustrer physiquement ce trop plein de profit qui lui est reproché.

Quoique je n’approuve pas sa conduite je ne condamne pas l’homme que je pense généreux et victime même de sa générosité. L’extrême générosité parfois engendre une naïveté sans borne. Si Depardieu l’ignore, Dieu sait qu’il en faut de la naïveté pour admirer Castro, Poutine et autres imposteurs pour qui la politique ne constitue qu’un ascenseur pour l’échafaudage de leur gloire ou – plus prosaïquement – de leur fortune. Les débordements alcooliques – généreux eux aussi – du personnage, alimentés sans doute par le drame Guillaume qui le frappa en plein cœur peuvent expliquer les égarements de celui qui – je m’obstine à le croire – a le cœur aussi vaste que la panse. Le cerveau de l’artiste, lui, baigne en permanences dans des vapeurs éthérées et son entendement s’en ressent. L’acteur est à terre et j’en suis atterré. A quoi bon le blâmer ?

Alors ? Pourquoi disserter à vide puisque ma « démonstration » n’aboutit ni à un satisfecit ni à une condamnation ?

Si l’attitude de l’acteur généra une virulente polémique, c’est qu’elle ravive une des plus anciennes et des plus profondes blessures de l’humanité écartelée entre le « un pour tous, tous pour un » et le « chacun pour soi ». Laquelle de ces deux attitudes devrait définitivement adopter l’animal humain ? Il semble qu’à l’origine la question ne se posait pas : la nécessaire survie de l’Espèce imposait le « un pour tous, tous pour un ». Seule la solidarité sans faille des débuts a permis à l’Espèce de traverser les premiers millénaires.
Quelques centaines de millénaires plus tard, le Capitalisme, hyper-décomplexé depuis deux décennies et l’échec cuisant d’un communisme dénaturé et dévoyé, opte ouvertement pour le « chacun pour soi ». Un « chacun pour soi » radical cependant qui induit nécessairement d’écraser « l’autre » sans manifester le moindre état d’âme. Son « chacun pour soi » s’érige sur les ruines de tous les autres « autre ».
Désinhibés au-delà du possible tous les « chacun pour soi » de la planète ne cherchent plus qu’à s’engraisser sur la bête, prêts à flinguer à tout va leurs contemporains pour y parvenir. Aussi entend-on les clameurs, tant indécentes que courroucées, des pétés de tunes de France menacer de leur désertion. « La fourmi n’est pas prêteuse ;
C’est là son moindre défaut ».
Mais qu’ils partent ! Et qu’on remette à plat le système, qu’on le réorganise totalement sur des bases saines où la solidarité première pourrait à nouveau s’épanouir !
A force de capitalisme avide, de communisme foiré et de dictature des religions le monde n’est plus qu’un champ de ruines. Si des vieilles pierres émane un souffle poétique, rien de bon ne sourd des gravas résiduels de l’état d’esprit ambiant malsain majoritaire qui gangrène la civilisation déclinante. Alors oui, sabordons la finance ! Etripons les marchands d’armes une bonne fois et détruisons leur fond de commerce ! Remettons à leur place les religieux de tous poils : les curées dans les églises, les rabbins dans les synagogues, les imams dans les mosquées… Et surtout qu’ils n’en sortent pas ! Bien plus que d’improbables paradis dans l’au-delà le monde a besoin d’humanité ici bas. H-U-M-A-N-I-T-É ? Comprenez-vous ? Do you understand ? Verstehen Sie ? Rien à foutre d’une Europe économique solide si elle se fait au détriment des peuples et au seul profit de la finance !

Si nos plus lointains ancêtres revenaient, ils n’en reviendraient pas de l’état déplorable du monde !
Etait-ce la peine de se dresser sur ses pattes de derrière pour en arriver là !?

Je suis pleinement pour l’épanouissement et l’accomplissement personnel mais pas au détriment et au mépris de tous les autres « autre ».
« Un pour tous, tous pour un » ou « chacun pour soi », choisis ton camp camarade !

Les esprits chagrins m’objecteront que mon billet d’humeur survole le « problème », qu’il frôle la caricature lorsqu’il ne l’empoigne à bras le corps. A ceux là je réponds que j’assume ce coup de gueule en forme d’automédication instantanée et qu’au besoin je les emmerde !

JPM
 
 
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2) MARIAGE TRISTE OU MARIAGE GAY (février 2013):
 
Mariage triste ou mariage gay : divorce dans les dix prochaines années (proverbe réaliste).
Manifester contre le mariage, tout le monde devrait s’y impliquer. De quel droit la loi condamne-t-elle (par imitation, voire par intimidation) les couples à se marier !
Encore, la loi divine – façon cathos jurassique bible – a-t-elle quelques excuses puisqu’elle est aussi la loi du vin : « prenez et buvez… ». L’abus de vin peut altérer l’entendement.
Je n’insisterai pas…
Alors ?
 
340 000 personnes dans les rues selon la police, 800 000 selon les manifestants (lol)
Des manifestants lucides puisqu’ils refusent le mariage. Jamais vu une telle unanimité ! L’extrême droite, la droite, les croyants de toutes obédience… Bravo ! On croit rêver ! Ne manquent que les socialistes ? Bizarre ? Bizarre ! Seraient-ils les seuls rétrogrades ?
Comment… ?
Manifestation contre le MARIAGE GAY, autrement dit : MARIAGE POUR TOUS.
Je me disais aussi ! Cette manie de ne pas lire les slogans jusqu’au bout !
Donc les manifestants qui ont battu le pavé ne remettent aucunement en question le mariage mais le refusent aux personnes de même sexe. Eux, les bien pensant bien moralisant s’octroient en exclusivité le droit de s’aimer, de concrétiser leurs amours par le lien du mariage, d’essaimer à tout va la graine fétide de leur médiocrité avant de se haïr à petit feu jusqu’au divorce salvateur – via le cocufiage intensif -, à la mort-délivrance, voire au crime dépassionnel. Lorsque j’évoque « la graine fétide de leur médiocrité » je parle bien sûr des esprits bornés qui intolèrent par vocation profonde. En quoi cela peut-ils les déranger que des homosexuel(le)s se marient ? En quoi donc sont-ils concernés ?
A voir l’ampleur de la manif c’est Paris qui est concerné ! (lol). Non ? Bon…
 
Entrevu à la télé et en tête de cortège le visage ahuri de JFC, le regard toujours irradié par l’indécente lueur de crétinisme inhérente au bonhomme et qui ne cesse d’en émaner. Pas écouté sa déclaration vraisemblablement extra-plate et insipide. Le commentaire n’a pas précisé s’il s’était fait dérober son goûter…
 
Et Dieu dans tout ça ?
Il semblerait que l’Eglise observe une certaine constance dans ses convictions : refus du mariage des prêtres, refus du mariage pour tous… Serait-ce le même cierge qui coule ?
Après les retentissants scandales des dernières décennies il devient pourtant urgent d’autoriser les prêtres à se marier ou à vivre en couple, non ?
 
Attributs trop gonflés énervent le clergé ! (proverbe pontifical).
 
Chasteté prolongée, enfants de chœur déculottés ! (proverbe paroissial).
 
Si ma soutane était de bronze, vous entendriez les cloches sonner ! (proverbe en vigueur jadis – dans les pensionnats religieux de garçons).
 
Mais le « mariage pour tous » ne concurrence en aucune façon le mariage religieux. En quoi concerne-t-il l’Eglise ? Cette même église qui, un siècle plus tôt, autorisait encore en Italie (et sans doute ailleurs ?) la castration de jeunes garçons – avec la bénédiction du Pape ! pour en faire des chanteurs – nommés castrats précisément – dont les volutes sonores devaient caresser voluptueusement, sous les soutanes, les périnées exacerbés des ecclésiastiques aux bourses engorgées… Houlà ! Je donne dans le lyrisme à présent !
Rappelons que les derniers castrats furent, au début du XXème siècle, ceux de la Chapelle Sixtine.
 
Non non ! Je ne bouffe pas du curé et ne m’acharne pas contre l’Eglise catholique. Certes quelques souvenirs pourraient m’y inciter mais l’Eglise ne porte pas l’entière responsabilité des égarements de ses serviteurs. Si un « bon frère des écoles chrétiennes » s’est un jour permis d’apostropher – en privé- l’un de mes condisciples (en classe de cinquième) en ces termes : « Toi, c’est pas parce que tu as un petit bout de chair entre les jambes qu’il faut la ramener ! », l’Eglise toute entière n’en est certes pas responsable. Je lui demande simplement, à cette Eglise, de ne pas s’arroger l’exclusivité de la Véééériiiitéééé, de ne surtout pas s’ériger en parangon de vertu !
Bref…
 
Comment ?
J’occulte l’enjeu principal de l’affaire ?
Adoption et procréation assistée ?
Je veux bien comprendre que les couples hétéros qui se sont escrimé à propager leur semence pour engendrer coûte que coûte une progéniture évasive voient d’un mauvais œil que des couples unisexués puissent commander et choisir la leur sur catalogue. C’est pourtant leur seule possibilité. A quoi bon les en priver ?
Quant au « mariage pour tous » je ne peux que le défendre envers et contre tous bien que ma profonde conviction soit : à bas, pour tous, le mariage.
 
Les esprits chagrins m’objecteront que mon billet d’humeur survole le « problème », qu’il frôle la caricature lorsqu’il ne l’empoigne à bras le corps. A ceux là je réponds que j’assume ce coup de gueule en forme d’automédication instantanée et qu’au besoin je les emmerde !
 
JPM
 
 
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1) CHER AGENT VERBALISATEUR N°0000 : (18 août 2010, donc à situer dans le contexte de « l’ancien régime »)
 
Cher agent verbalisateur N°0000, fier représentant des forces de l’ordre.
Mon petit salaire et moi sommes bouleversés de l’attention toute particulière dont vous avez fait preuve à l’égard de notre santé. Des collègues à vous, moins scrupuleux, auraient pu manquer de zèle en la matière. Vous n’avez pas failli à votre mission et je vous en félicite. En effet, au moyen d’une contravention de 135€ soit 27€ du kilomètre excédentaire ou de 90€ si je la règle dans un délai de 15 jours, vous avez attiré mon attention sur l’extrême imprudence dont j’ai fait preuve ce maudit 2 août 2010 à 15H10 alors que, soucieux de ménager mon petit salaire, j’étais allé « faire les soldes ».
 
Je rentrai donc, fier de pouvoir annoncer à mon petit salaire que j’avais acheté un pantalon 5€. Grisé par cette aubaine, je commis alors un impardonnable forfait puisque je roulai à 55km par heure sur une route où la vitesse est limitée à 50km par heure. Cause indirecte de ce crime, le pantalon me revint donc à 95€. Bien fait pour moi ! Vous m’annoncez aussi que cette intolérable infraction entraine un retrait de points du permis de conduire sans préciser cependant combien de points y seront soustraits. Cette précision me serait cependant très utile. Je pense que 10 points de retrait serait une juste sentence.
 
Ce rappel salutaire que je vous dois nous touche au cœur, mon petit salaire et moi. J’espère que, grâce à moi, vous obtiendrez ce mois-ci votre prime à la contravention. Croyez bien que désormais nous seront vigilants, attentifs à respecter en tous points toutes ces lois salutaires qui garantissent notre sécurité et qu’un gouvernement généreux prodigue sans compter dans tous les domaines.
 
En citoyen exemplaire, je me permets de dénoncer quelques mauvais esprits de mes relations (comme mon voisin) qui prétendent qu’il est beaucoup plus dangereux de conduire les yeux rivés sur le compteur – condition sine qua none pour respecter cette limitation à bord d’un véhicule moderne, selon eux – que de conduire à 55km par heure en regardant la route. Les mêmes mauvais esprits affirment que la limitation de vitesse à 30km par heure qui régit la rue où j’habite est impossible à respecter et tout à fait inutile, sous prétexte que la dite rue est uniformément rectiligne et plate, qu’elle est en sens unique et ne compte qu’une intersection – unilatérale – en son milieu, intersection pourvue d’un panneau stop. Certes elle mesure 1km et la vision y est tellement dégagée que, sauf épais brouillard, on peut voir d’une extrémité à l’autre, pourtant si les autorités ont jugé qu’il était nécessaire d’y limiter la vitesse à 30km par heure, elles ont forcément raison car les autorités ont toujours raison. Les ci-devant mauvais esprits évoqués (dont je ne manquerai pas de vous communiquer les noms) prétendent aussi que le législateur qui a abaissé la limitation de vitesse de 60km par heure à 50km par heure en ville l’a fait parce que, s’il est naturel de rouler à 60km par heure en ville, il est très difficile de rouler à 50km par heure ou moins.
Je salue quant à moi le génie de ce législateur même si les très-très mauvais esprits dont je vous joins la liste affirment qu’il a pour ami le fabricant et exploitant exclusif des radars du pays. J’en ai même entendu un qui disait que le passage à l’euro en matière de contravention s’est fait sans conversion autre que le changement de sigle (€ en place de F) – sans autre forme de procès, allais-je dire. Pour ma part je m’insurge contre tant de médisance et de mauvaise foi et je m’évertue à respecter scrupuleusement les limitations de vitesse. Il se trouve que, ce maudit 2 août 2010 à 15H10, j’ai eu la sottise de lever les yeux du compteur pour regarder la route ; croyez-bien que mon petit salaire, mon permis de conduire et moi nous en repentons fermement. Désormais nous ne conduirons plus que les yeux fixés sur cette aiguille rebelle qui, profitant de la moindre inattention de notre part, se permet de dépasser de 5km la vitesse requise.
 
Heureusement le corps d’élite auquel vous appartenez se montre toujours vigilant, animé d’un zèle magnifique ! Que dire de vos collègues qui verbalisent sans état d’âme pernicieux les conducteurs indisciplinés qui se permettent de fumer en conduisant, mettant ainsi en péril tous les automobilistes qu’ils croisent. D’aucun se permettent même de se gratter la tête en conduisant ! Quel manque de civisme !
Quant à moi je remercie le ciel de m’avoir fait naître en ce beau pays où les autorités se montrent si attentives à la sécurité et au bien être des citoyens !
 
Quand je pense que le peuple irresponsable d’une des plus grandes nations de la planète a élu un président noir ! Pourquoi pas un juif, un musulman ou un homosexuel tant qu’on y est ! Au moins notre bon président est bien blanc lui ! Petit, mais blanc. Quand je pense que certains s’offusquent du démantèlement répétitif des camps de « Roms » et de « gens du voyage » ! C’est pourtant bien une œuvre de salubrité publique, non ? Les premiers ne sont même pas français et veulent manger notre pain ! Quant aux seconds, comme chacun sait, ce sont de dangereux voleurs qui viennent jusque dans nos bras violer nos filles et nos compagnes !
Que dire aussi de ces odieux humoristes qui se gaussent de notre bien aimé président, voire de sa charmante épouse qui, disent-ils, ne saurait pas chanter. Quelle mauvaise foi ! Une belle femme comme ça, si photogénique, que ça fait des si belles photos de couple dans les journaux mondains ! Même, même ! Ces vilaines gens s’en prennent à nos ministres les plus vertueux. Ainsi notre ministre de l’intérieur se met-il en quatre pour raccompagner gratuitement dans leurs pays des étrangers qui n’ont pas les moyens de s’offrir un billet d’avion. Il pousse la sollicitude jusqu’à envoyer vos collègues chercher leurs enfants à l’école et des soit disant humoriste tels Didier Porte, Stéphane Guillon ou Guy Bedos –pour ne pas les nommer-, vilaines personnes à l’intelligence brillante – donc suspecte – mais dépravée, s’obstinent à s’en moquer. Ils n’épargnent pas non plus le pauvre « ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement Solidaire » et qualifient de traître cet homme intègre, en charge de tant de missions, qui a eu le mérite de renier ses idées erronées pour rentrer dans « le droit chemin ». Quelle ingratitude !
 
La véritable intelligence est pernicieuse puisque – paraît-il– elle bannit l’antisémitisme, dénonce le racisme, vilipende l’homophobie, méprise l’intolérance, toutes valeurs exaltées par notre bienveillant ministre de l’intérieur. Comment voulez-vous faire entonner la Marseillaise ou saluer le drapeau tricolore sans arrière pensée à des individus affligés d’une telle tare que constitue l’excès d’intelligence puisque ceux là ne croient pas même aux valeurs de notre sublime identité nationale ! Les gens intelligents sont bien la plaie de notre pays ! Tant qu’ils sont formatés par les prestigieuses écoles que sont l’ENA, Polytechnique et quelques autres, tout va bien ; alors ils pensent droit et aucune idée pernicieuse ne vient germer dans leurs cerveaux calibrés. L’intelligence qui « ne dépasse pas » est tolérable, voire utile pour diriger le peuple dans la bonne voie afin qu’il marche droit. L’intelligence indisciplinée est nocive. Ne devrait-on pas interner à vie Didier Porte, Stéphane Guillon et Guy Bedos afin qu’ils cessent de nuire ? Heureusement les directeurs de Radio France et France Inter – cette radio pourtant gauchisante qui se permet de ne pas penser correctement – se sont débarrassé des deux premiers malfaisants cités. Heureusement encore, l’un des plus grands quotidiens de la presse écrite et l’une des chaîne de télévision les plus regardées parce qu’elle ne présente que des émissions à grande porté culturelle –telles ces « téléréalité » si captivantes et pleines de finesse– se montrent zélés supporters de notre hyper président qui en a bien besoin, le pauvre, si critiqué sous l’odieux prétexte qu’il raffole du luxe, recrute le plus souvent ses amis parmi les milliardaires et se contente de gesticuler et d’invectiver plutôt que de gouverner. Pure calomnie ! N’est-il pas à l’origine d’une multitude de lois que le conseil constitutionnel, jaloux de sa fécondité en la matière, ne fait rien que « retoquer » ? Mais qu’on le laisse vivre en paix le pauvre, qu’on le laisse suggérer une nouvelle loi chaque jour que dieu fait puisque c’est là sa façon de s’affirmer ! Déjà qu’il se sacrifie pour porter aux nues la grandeur de la France. Il avait promis la rupture, en trois ans à peine il a su transformer cette nation qui sombrait dans la tolérance bonasse, la culture superflue et la liberté néfaste en un vigoureux pays où règnent l’intolérance hargneuse, l’inculture notoire et l’oppression zélée. Quel magnifique exemple !
 
Excusez cette longue digression mais l’indignation m’anime. Face à tant de vilenie lâchement assénée au sublime pouvoir en place je ne peux que louer la grandeur de notre magnifique président, si viril, si sportif et qui sait si bien faire du vélo.
 
Je suis fier d’être un « bon français » à l’intelligence raisonnable –médiocre, sans excès pernicieux– comme la majorité de nos concitoyens, donc docile et prêt à approuver sans réserve les toujours excellentes décisions prises par ce merveilleux gouvernement soucieux de ne pas laisser souiller par de vils étrangers notre si belle et si pure identité nationale.
 
C’est avec une indicible émotion que mon petit salaire, mon permis de conduire et moi vous remercions encore pour la sollicitude dont vous avez fait preuve à notre égard en nous ramenant dans le droit chemin. Vive la France et son merveilleux gouvernement supervisé par ce génial président, le plus abouti de notre cinquième république.
 
Veuillez agréer, Monsieur le valeureux agent verbalisateur N°0000, zélé représentant des forces de l’ordre, l’expression de ma plus profonde admiration pour la qualité de votre action hautement pédagogique.
 
 
Ps : ci-joint, comme promis (en 150 pages 21 X 29,7 recto-verso) la listes des odieux individus qui se permettent de critiquer la pourtant parfaite gestion du pays effectuée par ce gouvernement de rêve placé sous l’égide grandiose de ce président remarquable, véritable « little big man » moderne.
 
JPM