AUTRES TURPITUDES

AUTRES TURPITUDES

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CINQUIEME TURPITUDE:

 
QUOTIDIEN
 
Orage sur le paysage,
Dans les rues les gens de toujours.
Tu voudrais leur donner des ailes,
Tu dois marcher avec eux.

Laisse les nuages tapageurs
Rouler leurs sourdes querelles.
Des passants passent,
En passant,
Ils n’ont pas l’air mécontents.
Ils vont mais chacun demeure
En son invisible voyage.

Jetons de petits sourires,
Ponts de communication
Pour harmoniser cette Vie
Qui court à en perdre haleine,
Libérer le flux d’Energie
A l’infini.

Eclairs dans le ciel,
Lumière dans les yeux
Comme de petits soleils.
Chaleur dans le soir,
Douceur dans le noir,
La Vie fait la fête
Sur les trottoirs.

Sous les réverbères
Des gens sans mystères
Emmènent leurs ombres
Au cinéma.
Il pleut sur la ville,
Paris se faufile
Et presse le pas.

Les gens en grand nombre
Marquent leur empreinte
Sur le temps qui court.
Sous un ciel rageur
Palpite un seul cœur.
Douce nuit d’étreinte,
Jusqu’au petit jour
Paris fait l’Amour.
 
 

QUATRIEME TURPITUDE:

 

LATITUDE

 
Accrocher un nuage à la banalité
De ces heures qui tournent
A décrocher le temps.

De temps en temps
La joie et l’amour
Enlacent les fibres de ton corps
Posé là en espace de vie.

L’escalier des âges
Dessine le mouvement
A prendre.

Les amis qui se collent
En essaims de tendresse…

Sans oublier les autres,
Ces gens d’une rencontre,
L’espace d’un hasard,
Le flash d’un regard
A te faire poser des questions…

Des gens parfois aussi
En manque d’affection…

En ce trop plein de vie multiple:
Danse intense… incohérence…

Pouvoir parfois vous dire
Que je n’ai rien à dire
Qui ne puisse s’oublier,
Que rien de ce qui vit
N’aura raison un jour,

Que la mort de ce corps
Est le plus beau cadeau,
Que ce délire de vie
Moi j’en ai plein le dos !

De toutes les hypnoses
Je voudrais me garder
A déposer un corps
Vide et nu de principes,

Des blessures affectives
Et des joyeux mirages
Dont parlent tous ces mots
Dont je bourre des pages !

Allez finissons-en
De ces jeux qui nous vident :

Amour, Dieu ou argent…
Érotisme du cul
Ou bien des sentiments…

Je crois bien qu’en ces temps
L’Energie tourne à vide…

Regarde-moi!
Ne vois tu pas ?

Le « geste de partir »
Me paraît le plus pur.
A rupture d’habitude
Il n’est plus de
« Visage-maquillage de circonstance »,

Plus de rôle à jouer,
Perte d’identité
A retrouver peut-être
L’équilibre de l’être-nature.

En débâcle de foi
De ces corps qui se croisent
A sourire un instant
Miroir et illusion…

Regarde-moi !
Ne vois-tu pas ?

La tentation un jour
De nous crever les yeux
A l’âme.

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Houla ! Ça s’arrange pas !

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TROISIEME TURPITUDE:

 

ACIER, BETON ET COCOTIERS

 

« Vu » d’un café, en terrasse,
Dans une galerie marchande
Acier-béton-verre et néon :
 
Grouillance des fatras du monde :
Matériau … matériau… matériau…
Clinquant de pacotille…
Lumières, couleurs et sons sous vide.
 
Le creux du « prêt-à vivre » :
Défroques à emballer la nudité
De la pensée uniforme,
 
Emballages fantaisie
Pour une même absence :
Mannequins stéréotypés
Mus par un ressort monophase.
Produits… produits… produits…
 
Ilots de jeunes-gens uniformes
En recherche de la gaieté,
Accrochés en grappes aux tables
De ce café neutre et sans âme,
Effrayant de conformité.
 
Effarouchés de solitude,
Frileux, sans doute, d’être « unique »,
Quelques jeunes-gens attardés
Viennent un par un s’agglutiner,
Grossir l’essaim des étiquettes
Qui constellent tous leurs habits
Tels que ces blousons sans surprise
Où un fabricant impudique
Inscrit son nom, large étalé
Sur les tristes dos anonymes
Comme d’un troupeau qu’on a marqué.
 
Fatalité occidentale :
Des corps à vivre coagulés,
Véhicules d’âmes enfermées,
Prisonnières en les noirs filets
De ce « no man’s land » société,
Balancent au rythme de survivre,
Loin de l’intensité de « l’être » ,
Le spectre absurde du « Paraître ».
 
La vie sous cellophane :
Langage codé, programmé
Pour chaque séquence
D’une existence assassinée.

Subsistance – banalité,
Architecture – armature
D’une survivance « no future ».
Décors aseptisé
Pour des corps dévitalisés.
 
 
L’Esprit porte ses ondes ailleurs :
Kathmandu, lancinant appel,
Coup de cœur de mon rêve-à-vivre,
Distille ses profonds soleils
A travers cet écran grisaille
D’un quotidien morne et sans âme.
 
Comment « dire » cette étrange absence
Du Rêve éventré aux récifs
Des espérances englouties ?
 
Il gît maintenant sur des grèves
Au bout de toi, à bout des êtres,
Ces identités éclatées,
Ecartelées par les concepts
D’une société boulimique
Qui consomme tous leurs élans.
 
Echouées sur les mornes plages
De béton, de verre, de néon
Où ne poussent pour tous cocotiers
Que des forêts de réverbères
D’où émane en guise d’aura
Un blafard halo de lumière,
 
Que veux-tu donc qu’ils espèrent ?
 
Nourris par la Conformité :
Pognon-gagner-monnaie-argent,
Ces citoyens désabusés
S’abreuvent à la Fatalité.
 
En défense contre l’Oppresseur
Qui voudrait leur bouffer le cœur
Ils posent sur leur âme d’enfant
Ce masque d’uniformité
Qui voile la personnalité.
 
Mais ils ignorent en l’ajustant
Qu’il leur servira de linceul,
Que désormais ils restent seuls,
Perdus de leur identité.
 
Parfois, la nuit, en leur sommeil
Elle revient pour les visiter,
Leur parler de vibrantes plages
Où se bronzent les sentiments,
Débarrassés de leurs atours,
Nus au fort soleil de l’amour.
 
Indifférente aux usages
Elle ignore aussi l’esclavage ;
Jeune fille, jeune homme, effarouché,
Ecoute-la en toi s’exprimer :
« Ta » vérité.
 
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Heu…… Amen !

 

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SECONDE TURPITUDE :

 

A SE VIVRE

 

A se vivre sans retenue :
Jouir sa vie à corps perdu.
A se perdre au delà du temps :
La couleur nue de l’instant.

Se dire parfois aussi
Que le temps dénude la vie.
A rire au delà des craintes,
Vivre son « moi » sans contrainte.

Donne ! Donne et ne garde !
Oublie tout ce qui te pèse !
Pour l’amour enlève tes hardes,
Mets toi nu, le cœur à l’aise !

Le soleil est tombé tout au fond d’un été
Là où tourne la vie en sa danse infinie…

Etrange mélodie tout au fond de ta vie
Qui emplit de ses ondes
En toi le cœur du monde.

Etoiler en soleil l’espoir qui s’émerveille
A délier les liens qui rattachent ton cœur
En ton sein.

Aimer à déborder
Au delà des principes
A offrir le bonheur
D’une main qui dissipe
Les cailloux embusqués
Au chemin de la Vie.

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Et vas-y donc ! Roule Mimile ! Tu t’envoles mec ! Tu t’envoles !
 

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PREMIÈRE TURPITUDE :

 

 

UN AMOUR

 

Bière qui coule
Roule l’ivresse
Espoir en foule
Houle et caresse.

Un amour insensé
Persiste au creux de moi,
Un amour irréel
Par trop d’encœurement.

Un amour à se perdre,
A voler les saisons,
Un amour à plus d’âme,
A user la raison.

A plage de la vie
Les marées affectives
Poussent un « moi » meurtri
Vers de lointaines rives,

Comment puis-je aimer cette gueuse !
Fiévreusement tu coules en moi,
Tu roules au long de mon délire,
Ton flot caresse mon désir.

A travers le miroir d’un verre
Je me contemple en ton ventre
Et toi tu emplis mon antre,
Ta présence hante mon désert.

Ta rousse blondeur un peu trouble
Et tes cheveux couleur de neige,
Ton goût amer sur mes lèvres,
Ta gaieté offerte, éclatée.

Ce vivant champagne d’étoiles
Au ciel de ma tête extasiée,
La langueur qui tisse sa toile…

A boire ta vie je m’entête,
Tu es bonheur pour un moment.
En cet instant jour de fête
De toi je veux et je reprends.

Tes formes me sont malléables,
Chevaux de feu de mes idées ;
Tu es plus fidèle que femme

Ô Gueuse, ma bière préférée.

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Mais ça c’était avant !
A présent je lui préfère Dame Blanche ! Hé ! Hé ! Hé !